Lignes à 380 kV enterrées en Suisse

Eléments des galeries souterraines
En Suisse, la seule ligne à 380 kV qui soit enterrée relie Mendrisio (TI) à Cagno en Italie, sur environ 8 km (contre 1'772 km de lignes aériennes à 380 kV). Sa puissance est 10 fois inférieure à celle des lignes projetées entre Chamoson et Ulrichen, ainsi qu’entre Yverdon et Galmiz. Les infrastructures à mettre en œuvre pour la ligne tessinoise de 400 MW ne sont donc en rien comparables à celles nécessaires à l’enfouissement des projets romands qui eux affichent une capacité de transport de 4000 MW. A noter également que Mendrisio-Cagno est une ligne de réseau régionale mais ne sert pas au transit. Elle ne fait donc pas partie du réseau stratégique suisse.
Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, aucune ligne à 380 kV n’a été enterrée à Lavaux ou en Engadine.
Le réseau THT européen est aérien à 99.7%
Enterrer une ligne à 380 kV comporte de lourds inconvénients en termes paysager, de sécurité du réseau et financiers. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si 99.7% du réseau THT européen est aérien. En Espagne, la ligne construite sur 12.7 km entre Barajas et Madrid a coûté 15 fois plus cher que la variante aérienne, malgré une puissance inférieure à celle des projets de lignes stratégiques suisses. A Berlin, une tranchée d’une profondeur de pas moins de 25 à 35 mètres a dû être creusée pour enterrer une ligne de 2200 MW de puissance.
La question des coûts se pose aussi chez nos voisins
En Italie, la société nationale du réseau à haute tension Terna préconise la solution aérienne pour la future ligne de 600 MW de puissance dans la région d’Udine, en raison notamment des surcoûts liés à l’enfouissement estimés à 14 fois supérieurs.
Que dire enfin du projet de ligne dans les Pyrénées actuellement au point mort, faute d’accord entre les gouvernements français et espagnol pour financer les importants surcoûts liés à l’enfouissement?
